Ce qui est arrivé à M. Davison

Jon McGregor

Christian Bourgois

  • Conseillé par
    9 mars 2013

    Ce qui doit arriver arrivera!

    Écrivain anglais né aux Bermudes que j'avais découvert il y a quelques années, en 2006 plus précisément? grâce à "Fenêtres sur rue". Ce recueil comporte une trentaine de nouvelles de longueurs très variées, certaines ne faisant qu'une demie-page et chose très rare, une autre, une ligne et demie!
    "En hiver le ciel" est un texte à la présentation pour le moins étrange, pages de gauche l'histoire, pages de droite des textes parfois raturés....un jeune homme pour son premier rendez-vous emprunte, sans sa permission, la voiture de son père, mais sur le chemin du retour, très troublé, le drame survient. Mais la vie continue, il épouse la jeune fille et les jours et les années passent et les inondations sont de plus en plus fréquentes. Une nouvelle très intéressante et au cours de la lecture, nous avons l'explication de la page de droite.

    On cherche dans ces récits, certaine un manteau et trouve, semble-t-il autre chose, certain cherche un vagin ! Une histoire aux poils qui permettra peut-être à ce jeune homme de faire le V de la victoire! J'ai fait une découverte, un adjectif que je ne connaissais pas, "vicariant", ce qui prouve que l'on apprend à tout âge!
    "En surveillant les moutons", un père cherche à voir sa fille qui joue une pièce sur la Nativité dans son école. Le personnel inflexible l'en empêche, quelle faute a donc commis cet homme?
    "On était parti pour une balade" comme cela un soir, on discute, les projets fusent, on parle d'avenir, mais y aura-t-il un avenir?
    "L’œuf ou la poule" vaste et éternel débat : qui de l’œuf ou de la poule...et pour un homme une appréhension sans nom au moment de casser un œuf!
    "New-York" et Boston, morne plaine du Lincolshire, le trou du cul de l'Angleterre profonde. Deux ouvriers sur le bord de la route se la jouent "En attendant Godot"!
    La nouvelle qui donne son titre à l'ouvrage est un monologue, celui d'un homme qui explique une situation à un autre. Et qui énumère les griefs qu'il avait, avec d'autres, contre Davison. Le tout dans un langage digne d'un mauvais politicien. Parler pour ne rien dire, mais le dire en plus d'une manière tarabiscotée et donc incompréhensible!
    "Derniers retranchements", il ne faut pas pousser les gens dans ce genre de situations! Ici, c'est un peu "Mad Max" 2 ! L'union fait la force, un texte que j'ai beaucoup aimé, même si, encore une fois la lecture n'est pas aisée.
    "Je t'achèterais une pelle", histoire qui se passe pendant un mariage à la campagne. Dans le ciel des Tornado s'entrainent à bombarder la plage voisine. Mariage sans nuage.
    "Stèle commémorative" clôt ce livre d'une manière aussi originale que possible et que le reste des textes, de Thatwell à New-York en passant par Little Steeping et Great Steeping.
    Un couple dans une ferme, un employé du bureau des objets trouvés, un jeune garçon un peu en avance sur ses camarades, pas vraiment de quoi s’extasier sur la vie. Un homme qui urine depuis le pas de sa porte au réveil, dans le fleuve où passent des bateaux...pourquoi les gens le saluent, mystère! S'il devait chanter, ce serait "Le jour où la pluie viendra". Un pasteur et son épouse accueillent une américaine malade, une serveuse qui supporte les plaintes d'une cliente, une autre en colère, une autre encore qui choisit d'habiter le plus loin possible de chez elle, victime d'un accident de la route, un autre au chevet de son mari, chacun a les départs qu'il peut!
    Des textes courts, incisifs et souvent déroutants dont on ne voit pas toujours la finalité, ce qui laisse de la place pour l'imagination du lecteur. Un bon recueil très bien écrit.
    La phrase du livre :
    -N'ont pas encore été retrouvés.
    Qui figure au moins 50 fois environ dans deux pages!